On m’avait averti. J’ai pris le tout à la légère. Dès les premières minutes de mon aventure dans Outlast, j’ai tout de suite su que je faisais erreur. J’ai dû mettre mon orgueil de côté et avouer qu’un jeu vidéo peut me surprendre et me faire peur. Cette série créée et développée à Montréal propose depuis peu un nouveau titre que l’on retrouve sur l’édition Outlast Trinity qui contient les trois jeux de la série. Après avoir joué aux deux premiers jeux, je m’attendais à avoir tout vu. Bien sûr, je me suis encore une fois trompé…

Outlast Trinity est développé et publié par Red Barrels, distribué par Warner Bros Interactive Entertainment

Date de parution :25 avril 2017
Style : Jeu d’horreur
Plateforme : Playstation 4, Xbox One
Modes de jeu disponibles : Un joueur
Classement ESRB : Mature, jeunes adultes 17 ans et plus
Langue d’exploitation : Sous-titres et langue française disponibles selon le jeu

Lorsque l’on m’a demandé de tester Outlast Trinity, je ne savais pas vraiment qu’il s’agissait d’une trilogie. Encore moins qu’il s’agissait de jeux vidéo d’horreur. Quand j’ai accepté, on m’a même demandé si j’étais certain puisqu’il s’agit de jeux particulièrement épeurants. Cela ne m’a pas du tout intimidé. Les films d’horreur n’arrivent pas vraiment à m’effrayer. Je me suis donc dit que cela serait pareil avec des jeux vidéo. J’ai eu des moments éprouvants dans quelques jeux comme dans Dead Space, mais je ne peux considérer cela comme de la peur.

Une fois le jeu reçu, la première chose qui m’a surpris est que les deux premiers jeux se retrouvent sur un disque tandis que Outlast 2 est sur un second. Il y a longtemps que je n’ai pas vu plusieurs disques pour une trilogie. Dans ce cas-ci, je peux tout de même comprendre le tout puisque Outlast Trinity est tout de même axé sur ce dernier jeu qui vient de sortir.

Outlast, le début de l’horreur

Une très grande sensation de déjà-vu m’a envahi dès le début de ma partie. Puisque le tout se déroule durant la nuit (parce qu’en plein jour, ce n’est pas assez épeurant, tsé!), l’on débute l’aventure en incarnant un reporter qui part enquêter sur un asile. Asile ou manoir, le tout de suite fait penser à Resident Evil. C’est avec une vue à la première personne que l’on déplace notre personnage. Immobilisé à l’entrée par des portes fermées, ce dernier finit par passer par une fenêtre ouverte. Son seul outil est une caméra qui dispose d’une vision nocturne. Malheureusement, cette fonction épuise rapidement la pile de la caméra et il faut donc économiser cette dernière. Dans l’asile, le personnage se promène dans des corridors très peu éclairés qui regorgent de scènes de violence, de sang, et surtout de patients et d’individus plutôt étranges. C’est par des notes laissées un peu partout que l’on découvre que ces patients ont subi différents tests et qu’il est facile de penser que le tout à engendrer l’état actuel de l’asile que l’on veut quitter à tout prix.

Pour se protéger, et survivre, l’on doit se cacher et courir des êtres qui essaieront de nous tuer. Nous n’avons aucune arme pour nous défendre, et je trouve que cela nuit un peu à rendre le tout réel, car avec tout ce que l’on voit dans le décor, je m’aurais servi de bien des choses comme protection ou arme. L’utilisation du mode nuit de la caméra est essentielle et il est alors primordial de fouiller un peu partout pour trouver des piles. Différents endroits donneront la chair de poule par leur bruit ou leur mouvement soudain. J’ai malheureusement fait le saut à plusieurs reprises tout comme j’ai crié et dit de trop mauvais mots ! J’ai finalement eu peur. Et assez facilement en plus!

À part le bogue d’un ennemi qui se coince dans des escaliers et qui me bloque le seul chemin à emprunter, la seule chose que je n’ai pas appréciée est que malgré qu’il soit possible de sauvegarder manuellement la partie, une sauvegarde automatique se fait selon des points de contrôle non précisés. Donc, malgré ma propre sauvegarde, je recommençais plusieurs mètres en arrière dû à ce point de contrôle invisible en cas de décès. Je perdais alors mon cheminement, qui était parfois excellent en termes de la sauvegarde de pile pour ma caméra ou d’avoir pu éviter un ennemi sans problème.

J’ai aussi été surpris que les voix des personnages du jeu ne soient qu’en anglais. Malgré que tout le texte et les sous-titres peuvent être en français, je crois qu’un jeu fait à Montréal devrait minimalement avoir par défaut des voix en français. Un petit détail pour certains, mais pour d’autres, encourager une entreprise locale qui n’offre pas un produit dans sa propre langue n’est pas bien vue éthiquement.

Outlast : Whistleblower, parce que tout a un commencement

Je ne veux pas m’attarder sur Outlast : Whistleblower puisque l’expérience de jeu est pratiquement identique au premier titre. En fait, il s’agissait originalement d’un contenu téléchargeable supplémentaire du premier jeu. Dans ce dernier, on incarne un ingénieur qui après avoir envoyé un courriel dénonçant les pratiques de l’asile, se voit condamner à subir le même sort que les autres. Puisque l’on apprend l’existence du courriel dans le premier jeu, on se rend vite compte que cette histoire se passe avant l’original ce qui donne beaucoup plus de profondeur au jeu. La seule chose que je vais dire est que l’action et surtout l’épouvante arrivent beaucoup plus rapidement que dans le premier titre. Il faut se tenir prêt à courir!

Outlast 2, qui dit plus grand, dit plus épeurant

Mon premier constat est que Outlast 2 possède finalement des voix en français et surtout de bonnes qualités, ce qui est quand même rare. J’ai débuté mon aventure pour connaître un journaliste et sa femme qui subissent un écrasement d’hélicoptère en pleine nuit dans une région montagneuse et reculée. Ces derniers sont à la recherche de diverses informations concernant le meurtre d’une femme enceinte. L’on incarne l’homme qui recherchera sa conjointe dans un village dont les habitants semblent atteints de troubles mentaux hautement instables et dangereux…

Mon deuxième constat est l’aspect principal du jeu. Nous ne sommes plus dans un bâtiment limité en superficie, mais bien dans la nature en pleine nuit et avec très peu de lumière. Il faut donc encore une fois compter sur la caméra, de la vision nocturne et de piles afin de continuer son chemin et de survivre.  Puisque l’on doit minimiser l’utilisation de la vision nocturne, je me suis décidé à courir dans les zones sombres dû à l’étendue très vaste que l’on peut visiter. C’est à ce moment que j’ai été déçu. Je n’arrivais pas à courir. J’ai essayé tous les boutons de la manette et rien ne faisait que je pouvais courir. À mon grand désarroi, j’ai donc impatiemment marché normalement vers des sources de lumière en espérant ne pas avoir à rencontrer un ennemi qui était sur mon chemin…

J’ai bien fait puisque des ennemis cachés, il n’en manque pas. Me dissimuler dans l’herbe haute ou me cacher dans un tonneau pour comprendre les mouvements de certains afin de les détourner me fut fort utile. L’option de microphone de la caméra du personnage est aussi bien pratique, on peut découvrir approximativement l’endroit d’où proviennent des voix selon la couleur de bandes sur la gauche de l’écran.

L’horreur est surtout dans le suspense et les éléments dérangeants tels que des cadavres, la violence ou tout simplement les troubles mentaux des villageois. La bande sonore est aussi bien importante. Une action précipitée d’un ennemi arrive toujours avec son lot de musique soudainement beaucoup trop forte, ce qui entraine un sursaut incroyable à chaque fois.

La seule chose que je déplore est que malgré que le mode normal soit considéré comme étant le plus facile, sachant qu’il existe plusieurs autres modes encore plus durs, le tout reste tout de même un peu trop dur à mon goût. Puisque mon personnage est mort plus d’une fois, le temps de chargement coupait l’ambiance dans laquelle j’étais plongé. J’aurais aimé profiter de l’ambiance que le jeu veut donner sans temps mort. Le tout s’applique aux trois titres, mais étant donné l’ampleur de la superficie à couvrir dans Outlast 2, avoir plus de piles de disponibles aurait déjà été un atout de plus.

Impressions générales

Je serai plus indulgent lorsque l’on me proposera de tester à nouveau un jeu d’horreur. Car même si l’ambiance peut se perdre aussi facilement qu’un débutant qui échoue sa première partie en ligne dans le jeu de tir de l’heure, il est impossible de jouer à Outlast sans avoir le cœur qui veut sortir de la poitrine. Même si je crois qu’il aurait été mieux côté marketing de sortir le jeu un peu avant l’Halloween, une soirée d’horreur entre amis n’a plus besoin que de se limiter qu’à des films. Éteignez vos lumières, montez le son de votre téléviseur, et jouez à Outlast. Vous en parlerez encore dans quelques années…

+ Pour faire peur, ça fait peur!

– Les trop nombreux décès qui gâche l’ambiance
– Le manque d’arme et de protection qui ne fait pas réaliste

ÉVALUATION GLOBALE

Expérience de jeu : 3/5
Graphisme : 4,5/5
Son : 5/5
Durée d’intérêt/Rejouabilité : 2/5

Note globale : 3,62/5 (72,5 %)

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