Image principale.jpgIl y a trois semaines, nous avons présenté le guide pratique des pédales d’effets de guitare et basse. Dans cet article, j’ai décortiqué les différents types de pédales existantes et leurs utilités. Pour solidifier ces connaissances, je vous offre une exploration plus approfondie des différentes catégories d’effets. Cette première entrée d’une série de trois traitera des pédales de gain : le boost, l’overdrive, la distorsion et le fuzz. J’expliquerai leurs fonctions, les principales façons de s’en servir et j’inclurai certains exemples tirés du répertoire populaire. N’oubliez pas vos bouchons!

Boost

La première catégorie présente un effet très simple et pratique qui agit comme préamplificateur au signal relativement faible de la guitare. Activé à l’entrée d’un amplificateur à lampes, ce dernier est frappé d’un courant plus élevé ce qui fait travailler la circuiterie d’amplification d’avantage. Ceci produit un son légèrement plus fort, mais surtout plus compressé et stimulé. Le boost est une bonne façon d’aller chercher le maximum de votre amplificateur, car à partir d’un certain volume, ce dernier n’est pas nécessairement plus fort, mais surtout plus distorsionné de façon naturelle. Pour mieux figurer ce dont je parle, branchez votre guitare dans un amplificateur qui distorsionne et jouez avec le potentiomètre de volume à moitié ouvert. Graduellement montez ce potentiomètre pour remarquer une augmentation graduelle du volume, de la compression et du gain; ce principe se reproduit à une autre échelle grâce à la pédale de boost. Certains guitaristes légendaires (tel que Jimmy Page et Van Halen) ont été rapide à capitaliser sur ce phénomène, même avant la venue de cette pédale. Tous deux utilisaient un délai (le Echoplex EP3) sur un réglage rapide qui agissait comme boost devant leur amplificateurs. Beat It de Michael Jackson inclut un solo de Van Halen survolté de telle façon.

Boost.jpgDe plus, si votre amplificateur possède une boucle d’effets, le fait d’insérer un boost procure strictement une hausse au niveau des décibels. Ceci est dû au fait que l’effet est maintenant placé après le préamplificateur qui forme le son et à l’entrée de l’amplification de puissance qui s’occupe surtout de l’augmentation du volume. Je trouve cette manière d’insérer le boost dans ma chaîne très utile lorsque je dois ressortir d’avantage en spectacle, pour un solo ou une mélodie caractéristique par exemple.

Finalement, il est intéressant de noter que certains manufacturiers produisent des boosts qui tentent de conserver l’intégrité de notre son, sans coloration. D’autres préfèrent ajouter une touche intéressante en incluant des contrôles de fréquences et de gain pour tailler des timbres particuliers. Hotone offre le SDB-1 qui est un exemple de boost versatile et ajustable.

Overdrive

La prochaine catégorie est probablement celle qui offre le plus de choix. Étant un outil très important et caractéristique de l’instrument, il n’est pas rare de voir les guitaristes en acheter plusieurs. Ces pédales offrent au musicien un canevas pour construire leur timbre idéal d’amplificateur surchargé. Certaines pédales, comme la Tubescreamer d’ibanez, offrent un son unique imaginé par le manufacturier. Cet outil légendaire, malgré un contrôle général de l’égalisation, augmente considérablement les fréquences médiums. À l’aide d’un amplificateur déjà poussé à la limite, on obtient un son mordant, indompté, soutenu et chantant. Un exemple parfait est Pride & Joy de Stevie Ray Vaughan.

Overdrive.jpgD’autres pédales préfèrent émuler les caractéristiques sonores d’amplificateurs populaires. Le son naturel des Marshalls est souvent imité dans nos petites boîtes d’amour. D’Amptweaker à ZVEX, une grande partie des manufacturiers offre au moins un hommage aux célèbres amplificateurs anglais. Ces pédales peuvent varier d’une émulation simple à deux ou trois réglages à des préamplificateurs complets avec égalisation et simulation de cabinet, pour l’option de se brancher directement à une console.

Les overdrives sont des outils très versatiles. En fermant l’ajustement de gain, ils agissent comme de simples boosts. En ajoutant du gain, on transforme notre ampli clair en amplificateur surchargé. En les accordants à un son déjà distorsionné, nous somme catapulté dans la stratosphère, prêt à conquérir le monde avec un son de soliste expressif et chantant. Un classique à essayer est le Boss SD-1 (sa version revisitée, le SD-1W, vaut aussi la peine d’explorer). Faites vous la faveur d’allez en essayer plusieurs!

Distorsion

La distorsion est une forme d’overdrive exagérée. Ces pédales ont d’avantage de gain sur leur réglages, offrant un son plein, soutenu et possiblement agressif, tout dépendant de la philosophie derrière sa construction. Nous les utilisons pour recréer les sons énergiques du rock et des styles plus lourds. Souvent, nos solos préférés sont bâti sur un timbre beaucoup plus distorsionné que les sons clairs d’un ampli réservé.

Distorsion.jpgPlusieurs guitaristes aiment se procurer une pédale qui distorsionne beaucoup pour s’en servir à la maison, à un niveau de décibels raisonnable. La quantité de gain de ces produits compense souvent pour la stérilité et la rigidité due au manque de volume. De plus, la versatilité des réglages permet souvent un large éventail de sons, allant du crunch rappelant le son caractéristique de AC/DC aux passages les plus lourds de Metallica. La DS-1 est une favorite de Kurt Cobain, Steve Vai et Joe Satriani.

Fuzz

Le fuzz est un effet à part, dû à la transformation considérable qu’il amène au signal pur de la guitare. La portée de cet effet est très variable allant d’un son étranglé rappelant un haut-parleur endommagé à un son complètement effréné et imprévisible. Les fuzz, à mon avis, sont des effets plutôt difficiles à apprivoiser (dépendament du modèle), mais procurent des sons très satisfaisants et uniques. Souvent présent dans le vieux rock (ces effets furent parmi les premiers dans le monde de la guitare), le fuzz a tout de même une grande place dans la musique d’aujourd’hui. La pédale Fury de Hotone offre un fuzz laineux et étouffé, rappelant la bonne vieille école.

Fuzz.jpgIl serait criminel de ne pas mentionner la célèbre Octavia, souvent présente dans l’arsenal de Jimi Hendrix. Au son du fuzz, une octave supérieure est ajoutée, créant des timbres parmi les plus chéris de l’histoire du rock. Magiquement, cette octave ressort sur le micro du manche d’une stratocaster (ou de toute autre guitare à micro simple) et de plus en plus au fur et à mesure que l’on ferme le potentiomètre de tone. Écoutez le solo de Jimi dans la version studio de Purple Haze pour entendre de ce qu’il s’agit.

Le monde du gain est souvent le point de départ de tout bon son mémorable. Avec autant de choix, il n’est pas rare de s’en procurer plusieurs lors de notre aventure musicale. Personnellement, sur une quarantaine de pédales que je possède, plus du quart sont des pédales ayant trait au gain.

Parfois, il est difficile de se faire une idée des produits qui nous sont offerts. Je conseille de tranquillement étudier les guitaristes qui nous inspirent et leur choix d’équipement. Ensuite, le fait de retracer les fabricants et leurs philosophies pour chacun de leurs produits, nous aide à comprendre les différences dans le son de façon générale. Après tout, ces ingénieurs ne sont pas uniquement des concepteurs,  ils sont également des guitaristes à la recherche du meilleur timbre possible.

 

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Nikolai Olekhnovitch
Nikolaï Olekhnovitch est un guitariste professionnel de la région de Montréal. Sa versatilité, acquise lors de ses études collégiales et universitaires, ainsi que durant son implication au sein de nombreux projets de musique originale, lui a apporté une expérience précieuse dans son évaluation d’instruments de tout genre. Lorsqu’il n’est pas sur la route avec ses multiples formations, il explore les arts martiaux et recherche l’espresso ultime.

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