
Control Resonant mélange des idées surréalistes qui déforment la réalité à une action percutante. Le jeu vous entraîne presque immédiatement dans son univers étrange et dérangeant. Le premier Control était exceptionnel, tandis que Alan Wake II demeure l’une des plus grandes réalisations de Remedy Entertainment et mon jeu de l’année en 2023. Avec un tel élan, plusieurs studios auraient simplement peaufiné une formule déjà éprouvée et s’y seraient tenus. Heureusement, Remedy n’a jamais été particulièrement intéressé à jouer la carte de la prudence, et Control Resonant en est d’autant meilleur.
Cette suite est prête à remettre en question sa propre identité. Elle voit plus grand et plus audacieux : nouveau protagoniste, environnements qui dépassent les lieux familiers, abandon du tir à la troisième personne du jeu original au profit d’un combat rapproché agressif, et expansion de la marque de science-fiction paranormale de Remedy vers quelque chose d’encore plus ambitieux. Ce sont là des changements importants et risqués. Toutefois, après avoir parcouru le voyage hallucinant de Dylan Faden, je suis heureux de rapporter que le pari est réussi. On retrouve sans aucun doute ce qui faisait la grandeur de Control à la base, mais en plus rapide, plus étrange et totalement sans crainte de briser les conventions de l’action paranormale qui l’ont précédé. Tout n’est pas parfait, mais l’ensemble est incroyable. Plongeons sans plus attendre dans l’expérience Control Resonant dans cette évaluation complète.
La version téléchargeable du jeu sera lancée le 24 septembre, et la copie physique le 15 octobre.

Détails de Control Resonant
Plateformes : PlayStation 5, Xbox Series X|S et PC.
Testé sur : PlayStation 5 Pro.
Développeur : Remedy Entertainment.
Éditeur : Remedy Entertainment.
Genre : Jeu de rôle d’action-aventure.
Mode de jeu : Solo.
Cote ESRB : M (Jeunes adultes 17 ans et plus).
Un héros improbable dans une réalité fracturée

Sept ans après le premier jeu, Dylan Faden se réveille d’un long coma. Il découvre que sa sœur Jesse a disparu et que Manhattan est secouée par une catastrophe paranaturelle. Le Hiss, la Mousse et d’autres forces se sont échappés de l’Ancienne maison et ont envahi les rues. Dylan devient le dernier et meilleur espoir de la ville pour empêcher son anéantissement.
Si vous n’avez pas joué au premier jeu, vous aurez besoin d’un peu de contexte. Heureusement, avant de vous lancer dans Control Resonant, une option du menu principal présente une courte cinématique résumant les grandes lignes de l’histoire. Si vous découvrez la franchise pour la première fois, vous pourrez tout de même suivre. Vous apprendrez ces événements du point de vue d’un nouveau personnage, ce qui aide à combler certaines zones d’ombre.
Dylan porte toujours le lourd passé du jeu original, dans lequel il était le « méchant » sous l’influence du Hiss, semant mort et destruction. Plusieurs personnages qu’il côtoie, notamment les agents du BFC, se montrent visiblement mal à l’aise en sa présence. Leurs conversations sont souvent teintées de méfiance ou d’hostilité ouverte. Vous cherchez à bâtir son arc de rédemption tout en tentant de sauver Manhattan et de retrouver votre sœur.
Malgré tous ces fils narratifs, Remedy raconte cette fois une histoire plus directe, avec l’aide de l’agente spéciale superviseure Zoe De Vera, qui agit comme responsable de Dylan et voix constante dans son oreille. Cette approche rend Resonant plus facile à suivre sans diluer l’étrangeté caractéristique de Remedy. La quête de Dylan pour retrouver Jesse donne à la crise un ancrage plus personnel.
Un marteau pour vaincre le Hiss

Le plus grand changement apporté à la formule du jeu original concerne le combat. L’Arme de service de Jesse a disparu, remplacée par l’Aberration, une arme de mêlée métamorphe pouvant prendre la forme de lames jumelles, d’une faux, d’un marteau et d’autres variantes. Dylan est extrêmement mobile, capable de planer, d’effectuer des ruées aériennes et de réduire les distances presque instantanément. La sensation de liberté que j’ai ressentie en apprenant à survoler Manhattan était fantastique. Les différentes couches de jouabilité se combinent admirablement bien au fil de leur évolution.
J’ai adoré expérimenter avec les différentes formes d’armes, les pouvoirs surnaturels, les exécutions et les effets de statut. Lorsque tout s’imbrique correctement, les affrontements trouvent un rythme remarquable. Dans l’ensemble, Control Resonant ressemble davantage à un jeu d’action stylisé, mettant l’accent sur l’étourdissement des ennemis, le déclenchement d’exécutions et le maintien constant de la pression.
Les affrontements contre les ennemis peuvent s’éterniser
Malgré toutes ses qualités, le jeu n’est pas parfait sur tous les plans. Particulièrement au début de l’aventure, les ennemis peuvent absorber énormément de dégâts et donner l’impression d’être trop résistants. Heureusement, cela change lorsque vous trouvez la bonne configuration et gagnez en puissance. Toutefois, j’avais parfois l’impression de devoir frapper les adversaires pendant une éternité, et certaines rencontres s’étiraient bien au-delà du nécessaire. Quant aux affrontements majeurs, les combats de boss sont de véritables spectacles artistiques débordant de créativité. Les formes que vous affrontez et la manière dont la ville est intégrée à leur conception sont incroyables. Malheureusement, sur le plan mécanique, ils se résument souvent à esquiver et à gruger lentement une barre de vie. Il aurait été agréable de voir davantage de variété et plus de façons de vaincre ces ennemis.
Combat et progression du personnage
Heureusement, un arbre de progression robuste adoucit plusieurs de ces irritants. Dylan dispose de multiples arbres de compétences, d’améliorations d’armes, d’effets de statut, d’aptitudes de combat et d’assez d’options de personnalisation pour l’orienter vers votre style de jeu préféré. Je recommande fortement d’investir rapidement dans les capacités qui augmentent les dégâts et la pression des effets de statut. Elles accélèrent les combats et rendent Dylan moins vulnérable. Vaincre les puissants Résonants élargit également son arsenal de possibilités, créant une boucle très satisfaisante : explorer, découvrir quelque chose de profondément troublant, le vaincre, puis revenir plus fort avec davantage de moyens de briser la réalité.
Le jeu encourage l’expérimentation avec différentes combinaisons de l’Aberration et de pouvoirs surnaturels. Une fois que j’ai obtenu une configuration correspondant à ma façon de jouer, les combats sont devenus beaucoup plus fluides et faciles à maîtriser. Ma plus grande frustration est que les premières heures ne présentent pas le système sous son meilleur jour. Resonant vous fait travailler avant de vous permettre de devenir la boule de démolition paranormale que vous êtes venu incarner.
Un monde déformé qui transforme Manhattan

L’Ancienne maison était l’un des plus grands personnages du jeu original. Sortir à l’extérieur et en élargir considérablement l’échelle semblait donc risqué. Remedy parvient toutefois à rendre ce Manhattan déformé tout aussi mémorable, simplement à une plus grande échelle. Il ne s’agit pas d’un monde ouvert entièrement fluide, mais d’un ensemble de vastes zones ouvertes remplies de quêtes secondaires, de rencontres cachées, d’histoires environnementales étranges et de découvertes facultatives. J’ai adoré la rapidité avec laquelle une rue ordinaire peut devenir impossible. Les bâtiments se replient sur eux-mêmes, la gravité change de direction, et certaines séquences ultérieures vous obligent à repenser les murs, les plafonds et les planchers.
Par moments, on a l’impression de traverser le film Inception avec des aspects de la réalité et de la gravité complètement renversés. Mieux encore, la conception des niveaux est excellente et vous oriente naturellement vers les points d’intérêt au lieu de constamment vous bombarder d’icônes. L’exploration se fait de manière naturelle. Certains des meilleurs moments surviennent lorsque vous suivez quelque chose qui semble louche, ce qui, dans un jeu de Remedy, n’est généralement que l’entrée du terrier dans lequel vous êtes sur le point de tomber.
Graphismes et performances de Control Resonant

Control Resonant est également une véritable perle technique et artistique sur PS5 Pro. Vous pouvez choisir parmi différents modes techniques, notamment le mode Performance, qui vise une résolution de 2160p à 60 images par seconde; le mode Qualité, qui cible 2160p à 30 images par seconde avec lancer de rayons; et un écran 120 Hz permet d’accéder à une option Équilibrée à 2160p/40 images par seconde avec lancer de rayons. J’ai privilégié le mode Performance, puisque les déplacements rapides et le combat rapproché de Dylan profitent énormément de sa réactivité. Les performances sont demeurées remarquablement stables tout au long de mon expérience.
L’aspect le plus impressionnant demeure l’extraordinaire direction artistique présente tout au long du jeu. Le langage visuel de Remedy combine le brutalisme, une géométrie impossible, une inquiétante corruption rouge, des touches de prises de vue réelles et des paysages urbains surréalistes pour créer l’un de ses plus beaux univers à ce jour. La bande sonore et l’audio environnemental sont tout aussi efficaces. Ils créent de la tension lorsque nécessaire et renforcent les moments plus émouvants.
Réflexions finales sur Control Resonant

Control Resonant montre que Remedy continue de repousser ses limites créatives et refuse de produire une suite « sécuritaire ». J’ai énormément de respect pour l’équipe pour cette raison. Le jeu conserve l’identité paranormale de l’original tout en élargissant l’exploration, en accélérant les déplacements et en rendant les combats plus physiques. Tous les changements ne sont pas parfaitement réussis, particulièrement en ce qui a trait à la variété des affrontements. Malgré tout, l’expérience globale est assurée, imaginative et remplie du genre de prises de risque créatives que je souhaite voir dans un jeu. Si vous avez aimé Control, Alan Wake II ou les jeux d’action stylisés qui n’ont pas peur de devenir très étranges, Control Resonant est une suite ambitieuse qui mérite sa place aux côtés des meilleures œuvres de Remedy.
| Points positifs | Points négatifs |
|---|---|
| Direction artistique et conception du monde exceptionnelles | Certains ennemis peuvent sembler excessivement résistants, surtout au début du jeu |
| Déplacements rapides et fluides, et combat rapproché satisfaisant | Les mécaniques des boss ne sont pas toujours à la hauteur de leur présentation spectaculaire |
Expansion audacieuse de l’univers paranormal de Remedy | Les options de combat et les affrontements deviennent répétitifs, surtout en fin de partie |
Évaluation globale de Control Resonant
Expérience de jeu : 4,5/5
Graphismes : 5/5
Son : 4,5/5
Intérêt à long terme/Rejouabilité : 4/5




