
En jouant à 007 First Light, je me suis rappelé à quel point il est difficile pour un jeu de James Bond de bien réussir l’aspect espionnage. Les fusillades et les poursuites en voiture sont bien présentes, mais le jeu trouve vraiment son rythme quand Bond bluffe pour éviter les soupçons, analyse une pièce, utilise les gadgets de Q et tente de se remettre sur pied après que sa couverture échoue. C’est là que la vision de Bond par IO Interactive trouve sa véritable identité.
Si vous cherchez un immense bac à sable ouvert à la Hitman, 007 First Light n’est pas ce jeu. Il s’agit plutôt d’un jeu d’action-aventure à la troisième personne plus dirigé. Il comprend des infiltrations, des gadgets, des combats rapprochés, des fusillades et de courtes séquences de conduite. Et bien entendu, le tout est construit autour des origines d’un jeune James Bond. Je le recommande surtout aux amateurs de Bond et aux fans de jeux d’action-aventure qui veulent une campagne solo complète avec de la personnalité. On ne parle pas vraiment ici d’un terrain de jeu d’infiltration conçu avant tout pour être rejoué.
Le principal compromis de 007 First Light concerne sa rejouabilité. La campagne dure environ 15 à 20 heures selon votre niveau d’exploration. Au-delà de l’histoire principale, le mode Simulation tactique ajoute du contenu plus difficile. Malgré tout, l’attrait principal reste la campagne elle-même. Mais est-ce que 007 First Light ramène James Bond dans le monde du jeu vidéo d’une manière qui vaut l’achat? Regardons ça de plus près.

Détails de 007 First Light
Plateformes : PS5, Xbox Series X|S, PC et Nintendo Switch 2 (plus tard en 2026)
Testé sur : PS5
Développeur : IO Interactive
Éditeur : IO Interactive
Genre : Action-aventure
Mode : Solo
Cote ESRB : T (Adolescents)
Un Bond plus jeune rend l’histoire plus intéressante
007 First Light débute avant que James Bond n’obtienne son statut 00. Ce choix donne plus de force à l’histoire puisqu’il n’est pas présenté dès le départ comme l’espion parfait et accompli. Il commence comme un agent talentueux mais encore inexpérimenté qui attire l’attention du MI6 après qu’une mission tourne mal. À partir de là, il intègre le programme Double 0 et se retrouve mêlé à une menace plus vaste impliquant un agent renégat.
Cette première portion fonctionne bien autant pour les fans de longue date de Bond que pour les nouveaux venus. Les habitués retrouvent un personnage qui possède toujours le sang-froid, le charme et le danger qu’ils attendent. Les nouveaux joueurs obtiennent une histoire d’origine qui explique pourquoi le MI6 voit en lui plus qu’une simple recrue téméraire. Il n’est pas nécessaire de bien connaître James Bond pour suivre l’histoire. Cependant, tous les éléments familiers sont là pour ceux qui connaissent les films. On passe aussi du temps au sein du MI6, de la division Q, d’Universal Exports et auprès d’autres recrues. Cette variété donne à l’agence une présence plus importante qu’à l’habitude. L’histoire regorge d’éléments classiques de Bond, dont M, Q, Moneypenny, des gadgets, des missions dangereuses et des enjeux mondiaux. On sent toutefois que l’objectif n’est pas d’uniquement miser sur la nostalgie.
John Greenway joue également un rôle important comme mentor de Bond. Leur relation aide à équilibrer l’angle du jeune agent, puisque Bond a enfin quelqu’un qui remet ses instincts en question. Fidèle à son habitude, Bond est charmant, compétent et dangereux. Mais il est aussi encore en train d’apprendre jusqu’où son assurance peut le mener avant de devenir un problème. Certains rebondissements sont plus faciles à prévoir que d’autres. Les antagonistes n’ont pas autant d’espace pour se développer que les membres du MI6. Malgré tout, la distribution demeure l’une des principales raisons pour lesquelles la campagne tient aussi bien ensemble. Cette version de Bond possède assez de l’attitude classique du personnage pour fonctionner comme 007. Cependant, l’approche plus jeune donne à la campagne sa propre saveur.

L’infiltration sociale et les gadgets de Q alimentent le travail d’espionnage
Les meilleures missions de 007 First Light reposent sur l’observation avant l’action. Bond peut écouter des conversations, surveiller les déplacements des gardes, trouver des chemins alternatifs et utiliser les outils de Q pour créer des ouvertures. Chaque zone restreinte devient ainsi bien plus qu’une simple section où l’on avance accroupi. Vous cherchez la petite faille dans l’environnement qui permettra à Bond d’avancer sans transformer chaque erreur en fusillade.
Le Q-Lens, la Q-Watch, le Laser Strap, le Dart Phone, le Smoke Pod et la Flash Mine soutiennent tous ce fantasme d’espionnage. La Q-Watch peut perturber les appareils électroniques, ce qui permet de distraire les gardes ou de couvrir les déplacements de Bond dans une zone interdite. Le Dart Phone peut retirer un garde de son itinéraire de patrouille en le forçant à quitter son poste. Le Laser Strap et les autres outils ajoutent encore plus de façons d’interrompre une situation avant qu’elle ne dégénère en affrontement total.
L’une des idées les plus efficaces du jeu est l’intégration du bluff. Lorsque Bond se fait surprendre dans un endroit où il ne devrait pas être, tout n’est pas automatiquement terminé. Dans certaines situations, il peut parler assez longtemps pour dissiper les soupçons et continuer sa route. Cela rend l’échec moins binaire. Au lieu de recommencer parce qu’un garde s’est retourné au mauvais moment, vous avez une chance de vous reprendre et d’improviser. Les gadgets rendent aussi chaque objectif facile à comprendre. Vous résolvez généralement un petit problème immédiat : déplacer un garde, créer une distraction, franchir une porte sécurisée ou fuir avant que la pièce ne devienne hostile. Cela rend le travail d’espionnage engageant sans devenir écrasant.
Cette approche aide aussi le jeu à éviter de devenir un simple test d’infiltration. Vous pouvez traverser plusieurs zones discrètement, mais le plaisir vient surtout de la combinaison des outils. Distrayez un garde, utilisez un gadget sur un autre, fondez-vous dans la foule, puis improvisez une explication lorsqu’on commence à vous interroger.

Les combats rapprochés ont plus d’impact que les fusillades
Quand l’infiltration échoue, 007 First Light passe rapidement aux combats rapprochés. Bond peut frapper, contrer, agripper, désarmer et utiliser les objets autour de lui pour renverser une mauvaise situation. Ces affrontements sont plus physiques que ce à quoi je m’attendais de la part d’IO Interactive. Bond ne se contente pas d’échanger des coups dans une arène propre et bien définie. Il traverse les décors, utilise les meubles et force les ennemis à quitter leur position. Cela fait des bagarres un excellent choix pour cette version de Bond. Il n’est pas seulement un espion équipé de gadgets. C’est quelqu’un capable de survivre quand un plan minutieux s’effondre. Si un garde bloque votre chemin, un gadget peut le distraire. Si cela échoue, un bluff peut vous faire gagner du temps. Et si cela ne fonctionne toujours pas, Bond peut agripper, contrer ou utiliser la pièce elle-même pour créer une ouverture.
Les fusillades sont plus simples. Elles permettent à la campagne de basculer vers les grandes scènes d’action typiques de Bond. Toutefois, elles n’ont pas autant de personnalité que l’infiltration et les combats rapprochés. Vous passerez d’une couverture à l’autre, utiliserez des objets explosifs lorsque les ennemis sont regroupés et combattrez à distance lorsque la discrétion n’est plus possible. Le problème, c’est que les échanges de tirs n’ont jamais le même éclat que l’utilisation des gadgets ou l’infiltration dans une zone restreinte. Les combats deviennent plus amusants lorsqu’ils débutent parce que votre plan d’infiltration a échoué. Se faire repérer, se reprendre grâce à un bluff, repousser un garde puis saisir une arme dans la pièce correspond parfaitement à Bond. Les longues séquences de tirs sont moins mémorables parce qu’elles rapprochent le jeu d’une formule d’action à couvert plus classique.
Les sections de conduite apparaissent par courtes séquences. Elles apportent la saveur des poursuites automobiles de Bond sans prendre le contrôle de la campagne. Elles sont divertissantes comme pauses entre les séquences d’infiltration et de combat, mais ne deviennent jamais le cœur de l’expérience. Garder ces passages relativement brefs était la meilleure décision.

007 First Light est superbe et se joue mieux en mode Performance
007 First Light ressemble exactement à ce qu’un jeu moderne de James Bond devrait être. Il offre des installations élégantes du MI6, des intérieurs luxueux, des espaces sociaux bondés et des complexes ennemis qui cadrent parfaitement avec l’univers de l’espionnage. Ces lieux offrent suffisamment de détails pour donner au monde une allure haut de gamme sans transformer chaque environnement en visite touristique. La campagne traverse une grande variété d’endroits. Les zones les plus détaillées donnent envie de ralentir pour chercher des chemins alternatifs plutôt que de foncer directement vers l’objectif.
Le travail sur les personnages est tout aussi important que celui des environnements. Le Bond incarné par Patrick Gibson possède le bon mélange d’assurance et d’inexpérience pour une histoire d’origine. La distribution secondaire aide aussi la campagne à ne pas tourner uniquement autour de Bond. Moneypenny, Q, Greenway et les autres figures du MI6 donnent à l’agence une présence qui dépasse largement la simple salle de briefing entre deux missions.
Le côté visuel de 007 First Light
007 First Light propose deux modes graphiques. Le mode Performance est celui que je recommande. Il offre du 4K à 30 images par seconde, tandis que le mode Performance vise les 60 images par seconde. Dans un jeu où une infiltration dans une zone restreinte peut rapidement se transformer en bagarre, la rapidité de réponse fait une plus grande différence qu’une image plus détaillée. Le mode Résolution vaut quand même la peine d’être essayé si la qualité visuelle est votre priorité. Néanmoins, 007 First Light se joue mieux lorsque les commandes répondent plus rapidement. Vous réagissez souvent à un garde qui vous repère, vous vous déplacez d’une couverture à l’autre ou tentez de vous remettre d’un plan impliquant un gadget qui a mal tourné. Le mode Performance est le meilleur choix pour la façon dont le jeu se joue réellement.
007 First Light présente tout de même quelques petites imperfections visuelles qui méritent d’être mentionnées. Certains éléments à distance peuvent apparaître soudainement, et plusieurs visages en arrière-plan n’ont pas le même niveau de détail que les personnages principaux. Je ne dirais pas que ce sont des défauts majeurs, mais ils ressortent davantage à côté des meilleurs environnements et des scènes principales du jeu. 007 First Light comprend aussi des options d’accessibilité utiles, notamment la réduction des effets lumineux, des réglages pour les effets d’obscurité des grenades aveuglantes, des ajustements pour les sous-titres, des paramètres liés aux dialogues ambiants et des options de narration des menus. Ces réglages sont particulièrement utiles dans un jeu d’espionnage où les conversations discrètes, les bruits de fond et les effets visuels jouent tous un rôle dans la manière de suivre une mission.

007 First Light ramène Bond avec la bonne approche
007 First Light est le genre de jeu Bond qui comprend que la licence représente bien plus que des armes, des voitures et des complets élégants. Tous ces éléments sont présents, mais le jeu révèle davantage de personnalité lorsque Bond agit réellement comme un espion. Les écoutes discrètes, le bluff, les gadgets de Q, les zones restreintes et les évasions en combat rapproché contribuent à transformer James Bond en une aventure d’action solo moderne.
007 First Light n’est pas parfait. Les fusillades sont correctes sans être exceptionnelles, les scènes d’action n’atteignent pas toujours le niveau des missions d’infiltration et la campagne n’est pas conçue autour d’une rejouabilité constante. Si vous vous attendiez à ce qu’IO Interactive donne à Bond la même structure axée sur les multiples reprises que Hitman, il vaut mieux ajuster vos attentes. 007 First Light est une campagne Bond plus dirigée, avec des chemins optionnels à l’intérieur des missions.
| Points positifs | Points négatifs |
| Excellente histoire d’origine pour un jeune Bond. | Moins axé sur la rejouabilité que les jeux Hitman d’IO Interactive. |
| Le bluff et les outils d’infiltration sociale de Bond rendent les missions plus intéressantes. | Les fusillades sont moins intéressantes que l’infiltration et les combats rapprochés. |
| Les gadgets de Q offrent des options utiles pendant les missions. | Les séquences de véhicules sont brèves. |
| Les combats au corps à corps rendent les échecs d’infiltration amusants à récupérer. | Certains rebondissements de l’histoire sont prévisibles. |
| Le mode Simulation tactique ajoute du contenu supplémentaire plus difficile. |
Impressions générales
Si vous abordez 007 First Light en vous attendant à une aventure Bond axée sur l’histoire, il devient beaucoup plus facile d’apprécier ce qu’IO Interactive a construit ici. Le jeu vaut le détour si vous aimez les outils d’infiltration, les gadgets, les combats rapprochés et les campagnes qui avancent avec un bon rythme. Il fonctionne aussi très bien pour les amateurs de jeux d’action-aventure qui ne veulent pas apprendre à maîtriser une immense carte d’infiltration ouverte.
Si vous espérez une rejouabilité très poussée ou de vastes espaces d’infiltration ouverts, vous voudrez peut-être attendre d’en voir davantage sur la structure des missions avant de vous lancer dans 007 First Light. Pour la majorité des fans de Bond, cependant, 007 First Light représente exactement le retour dont la franchise avait besoin.
Évaluation globale de 007 First Light
Expérience de jeu : 4/5
Graphismes : 4,5/5
Son : 4/5
Intérêt à long terme/Rejouabilité : 4/5
Note globale : 4,1/5 (82 %)
007 First Light ramène James Bond dans le monde du jeu vidéo avec une campagne qui place l’espionnage au premier plan et l’action au second. Ses meilleures missions vous demandent d’analyser une situation, d’utiliser le bon gadget et de vous adapter lorsqu’un plan s’écroule. Cela en fait un jeu qui mérite l’attention des fans de Bond à la recherche d’une aventure solo axée sur l’histoire, construite autour de l’infiltration, des gadgets, des bagarres et d’une version plus jeune de 007 qui cherche encore sa place au sein du MI6.




