
Si vous pouviez obtenir un peu d’aide supplémentaire grâce à un exosquelette, envisageriez-vous d’en porter un pour retrouver une partie de votre mobilité physique? C’est la promesse des exosquelettes, des dispositifs portables conçus pour faciliter les déplacements ou franchir des terrains qui peuvent s’avérer plus difficiles en raison de l’âge ou d’une blessure.
Pour être clair, il ne s’agit pas ici d’inverser un handicap. Ce ne sont pas des produits miracles capables de faire passer quelqu’un d’un fauteuil roulant à un coureur de haut niveau. Les exosquelettes existent aussi sous différentes formes, comme en ont témoigné les exposants au CES 2026 de Las Vegas. En termes simples, ce sont des harnais ou des combinaisons portables qui s’ajustent aux membres et au torse, équipés d’hydrauliques et de moteurs intégrés. Une fois activés, ils peuvent aider à réduire la pression et le poids sur les jambes et les hanches. Cela permet ainsi plus de mouvements avec moins d’effort.
J’ai vu plusieurs de ces appareils sur le salon, et j’ai eu l’occasion de porter le Dnsys X1 pendant quelques heures, assorti d’un sac à dos lourd, pour ressentir pleinement l’expérience. C’était l’un de mes coups de cœur au CES, et voici ce que cette technologie intéressante pourrait offrir.
De quoi est composé un exosquelette ?
Le terme « exosquelette » suggère une coque rigide ou une combinaison complète, comme dans un film de science-fiction, mais l’application ici est très différente. Dans ce cas, il s’agit de matériel de haute technologie utilisant un mélange de moteurs, de ressorts ou de câbles pour augmenter la force et l’endurance humaines. Le mot clé ici est « augmenter » : il aide plutôt que de remplacer ce que l’humain peut faire.

Le CES a montré que nous avons dépassé la phase où ces dispositifs étaient destinés aux laboratoires ou à l’armée. Pendant longtemps, ces appareils étaient encombrants, lourds et limités par l’autonomie de leurs batteries. Ils n’étaient tout simplement pas pratiques pour un usage civil en dehors de cas très spécialisés.
Aujourd’hui, des entreprises comme Dnsys, Hypershell, Ascentiz et WIRobotics, entre autres, présentent leurs produits comme étant prêts pour le grand public. Les avancées dans ce domaine sont difficiles à ignorer : plus légers, avec une meilleure autonomie et un design de plus en plus élégant, ces exosquelettes commencent à passer des applications industrielles aux usages quotidiens. C’était l’un des changements les plus intéressants que j’ai personnellement remarqués sur le salon.
Une raison majeure est que cette technologie répond à la limitation physique, un défi universel pour l’être humain. Les personnes âgées peuvent porter un exosquelette léger comme le Dnsys X1 pour obtenir le « coup de pouce » nécessaire pour monter des escaliers ou se promener dans un parc sans douleur articulaire. Cela peut non seulement prolonger leur autonomie, mais aussi augmenter une confiance qui pourrait être inestimable pour quelqu’un auparavant résigné à rester assis.
Ceux qui occupent des emplois physiquement exigeants dans la construction ou l’entreposage pourraient également bénéficier énormément de l’exosquelette comme outil préventif. S’il peut absorber la tension liée à la manipulation de charges lourdes et aux mouvements répétitifs, il pourrait atténuer les blessures chroniques au dos et les incapacités à long terme généralement associées à ces métiers.
Vivre l’expérience de porter un exosquelette

Je ne travaille ni dans la construction ni dans un entrepôt, mais couvrir le CES comme journaliste et photographe est déjà un défi physique en soi. Porter le matériel nécessaire et parcourir de grandes distances à pied constitue le principal défi logistique. Avant le CES, j’ai convenu avec Dnsys d’essayer le X1 le deuxième jour du salon.
J’ai eu de l’aide, mais ce n’est pas un appareil difficile à enfiler. Essentiellement, on fixe une ceinture autour du torse avec des clips qui entourent les cuisses. Les batteries situées de chaque côté alimentent les moteurs intégrés, avec des voyants LED indiquant le niveau de puissance du moteur à couple élevé. Il atteint une puissance maximale de 900 W, soit environ 1,2 chevaux, d’où la présence de niveaux ajustables.
Le Mode Transparent est neutre, car il compense le poids de l’appareil pour donner l’impression de ne rien porter. Pas mal pour un appareil qui pèse 1,6 kg (3,53 lb). Le Mode Éco active légèrement les moteurs pour un effet léger, idéal pour les terrains plats et les promenades tranquilles. Le Mode Sport augmente le couple pour renforcer l’effet lors d’un rythme plus rapide ou sur des collines et sentiers escarpés. Le Mode Boost est gourmand en batterie, mais c’est le réglage turbo qui développe 1,2 chevaux pour des accélérations rapides et des pentes raides. Si vous cherchez un mode pour courir, c’est celui-là.
Je les ai tous essayés à différents moments pour pouvoir les comparer. La meilleure façon de le décrire? C’est comme si quelque chose soulevait mes jambes sans décoller mes pieds. Chaque pas paraît plus « léger » puisque mes articulations travaillent moins pour avancer. Bien sûr, l’exosquelette ne fait rien pour des pieds ou chevilles déjà endoloris, mais l’impact de chaque pas paraît plus léger grâce aux moteurs.
Dnsys affirme que ces modes réduisent la fatigue musculaire des cuisses jusqu’à 45 %, entraînant une fréquence cardiaque plus basse grâce à cette « poussée » motorisée au niveau des hanches. Je ne peux pas quantifier le pourcentage exact, mais il est indéniable que l’effort pour parcourir de longues distances est moindre. Je suppose que sans porter un sac à dos lourd, l’effet aurait été encore plus marqué.
Praticité et prévisibilité

J’ai attiré plus d’un regard au salon en portant le X1. Plusieurs personnes m’ont demandé ce que j’avais ressenti en le portant. L’intérêt venait aussi de ceux qui connaissaient quelqu’un pouvant bénéficier d’un tel dispositif. Avec une population vieillissante, l’idée même d’une assistance motorisée pour rester mobile plus longtemps est logique.
L’intelligence artificielle joue aussi un rôle. Le X1 dispose d’un mode adaptatif alimenté par IA, appelé Copilot par Dnsys, qui suit votre démarche 1000 fois par seconde. Il peut déterminer si vous allez faire un pas, monter des escaliers ou vous lever.
Un processeur double cœur et des capteurs intégrés analysent ces données en temps réel et ajustent automatiquement la puissance entre les niveaux selon le rythme et le terrain. L’objectif? Que les réseaux neuronaux détectent ces mouvements avant chaque pas. Ainsi, même si les ajustements sont parfois subtils, ils deviennent significatifs lorsque le corps ou le terrain l’exige. D’autres fabricants d’exosquelettes utilisent la même approche pour exploiter l’IA et ajuster l’appareil en temps réel, ce qui constitue aussi une mesure de sécurité pour prévenir les accidents.
Chaque personne a son propre style de marche. L’IA qui « apprend » ce style peut adapter l’exosquelette pour suivre le rythme et la longueur de foulée, réduisant ainsi le temps nécessaire à l’appareil pour s’ajuster. Le Hypershell X promet exactement cette fonctionnalité.
Et pour voyager ?
Les exosquelettes deviennent assez compacts pour se plier dans une valise. Comme ils fonctionnent souvent avec des batteries au lithium, vous ne pouvez pas les enregistrer dans vos bagages, mais vous pouvez les transporter en cabine ou comme bagage personnel. Les règlements suggèrent de les garder chargés entre 30 % et 50 %, bien qu’une charge complète soit acceptable, voire préférable. Très probablement, il faudra ouvrir la valise pour passer l’appareil au contrôle de sécurité.
L’essentiel? Rien n’empêche vraiment de voyager avec un exosquelette. Si vous devez le porter lors d’une escale, aucun problème. Par contre, il peut être inconfortable en avion, car il peut sembler encombrant sur un siège. Il n’est pas non plus très utile lorsqu’on reste assis longtemps.
Intelligence artificielle physique et assistance active
Les exosquelettes pourraient représenter l’un des plus grands changements dans la technologie portable depuis plus de dix ans. Nous avons largement dépassé l’époque où les appareils portables se limitaient à compter les pas ou mesurer le rythme cardiaque, ou à motiver l’utilisateur. Cette technologie vise moins à surveiller la santé qu’à intervenir pour l’améliorer.
Porter un exosquelette n’est pas une excuse pour être paresseux. Bien au contraire. Les exosquelettes grand public, comme le X1, sont conçus pour assister et augmenter la capacité physique, mais les muscles doivent toujours travailler. Ils aident simplement à éliminer la fatigue qui aurait autrement limité la distance et la fréquence de la marche.
Des années après les concepts et prototypes qui présentaient des dispositifs motorisés capables d’aider les humains à en faire plus, les exosquelettes arrivent enfin comme amplificateurs de mobilité. Pas comme équipement médical de niche ni expérience prohibitive, mais comme des dispositifs qui pourraient redéfinir la notion de « combinaison motorisée ».
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