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Avec le printemps qui approche, vous voudrez certainement ressortir votre appareil photo pour faire quelques clichés de paysage ou d’architecture.

Mais prendre une photo ne se limite pas à une simple pression du doigt sur le déclencheur. Même lorsque votre appareil est en mode automatique, il effectue des calculs afin de parvenir à la meilleure exposition possible, compte tenu de la lumière ambiante disponible.

Je vous aide donc à comprendre comment l’exposition fonctionne afin que vous puissiez prendre le contrôle sur vos photos, plutôt que de vous fier à votre appareil et risquer d’être déçus des résultats « moyens ».

Mais qu’est-ce que l’exposition?

L’exposition est composée de trois éléments : la vitesse d’obturation, l’ouverture et l’ISO, que je vous explique ci-dessous. Sachez toutefois que vous pouvez contrôler l’un ou plusieurs de ces éléments selon le mode dans lequel votre appareil photo se trouve.

En mode automatique, vous ne pourrez régler que la valeur ISO – du moment que l’appareil ne soit pas en mode « ISO Auto » lui aussi. En mode vitesse (« S » ou « Tv »), vous ne pourrez régler que l’ISO et la vitesse. En mode ouverture (« A » ou « Av »), vous ne pourrez régler que l’ISO et l’ouverture. Enfin, en mode Manuel (« M »), vous pourrez alors régler manuellement les trois paramètres.

À noter : souvent, les téléphones intelligents et appareils compacts ne permettent pas de changer ces paramètres (à l’exception de la valeur ISO pour la plupart des appareils compacts).

La vitesse d’obturation

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Communément appelée « vitesse », il s’agit du temps durant lequel l’appareil laisse entrer la lumière jusqu’au capteur. Il peut s’agir d’une vitesse ultra rapide à 1/8000e de seconde, comme d’une vitesse extrêmement lente de 30 secondes, ou de quelque chose entre les deux.

Si vous photographiez du sport, des véhicules en mouvement ou un spectacle, vous aurez besoin d’une vitesse plutôt rapide. À l’inverse, si vous photographiez des paysages nocturnes ou si vous voulez créer un effet de mouvement, vous voudrez opter pour une vitesse plus lente.

Ma règle de base : si vous photographiez à main levée (sans trépied), essayez de travailler avec une vitesse au moins équivalente à votre focale + 50%. Par exemple, si vous photographiez avec un objectif 35mm, optez pour une vitesse d’au moins 1/50e de seconde (35 x 1,5) ou plus rapide. Pour capter du mouvement dans un spectacle, des enfants qui courent ou autre, optez pour une vitesse d’au moins 1/200 si possible. Si vous utilisez une focale de 200mm, vous aurez toutefois besoin d’une vitesse de 1/300, si possible.

Pourquoi « si possible »? C’est que la vitesse est influencée par la quantité de lumière qui entre dans l’objectif et dépend donc de son ouverture, ainsi que de la valeur ISO.

La sensibilité ISO

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Il s’agit de la mesure de la sensibilité du capteur à la lumière. Plus le chiffre augmente, plus la sensibilité du capteur augmentera elle aussi. On retrouve généralement des valeurs entre 50 et 102 400 ISO (et même plus). L’idéal est d’avoir une valeur basse, puisque plus on augmente la sensibilité du capteur, plus il est possible que de « bruit » apparaisse sur les photos. Le bruit était autrefois appelé le « grain » sur la pellicule. Ce sont des artéfacts de lumière qui viennent altérer la couleur ou la qualité de certains points dans l’image.

 

Ma règle de base : essayez de travailler avec une valeur ISO 800 ou moins. Certains appareils reflex ou hybrides munis de bons capteurs vous permettront de monter jusqu’à 1600 ou 3200 sans trop générer de bruit.

Toutefois, si vous avez le choix entre manquer la photo ou opter pour une valeur ISO plus élevée, allez-y pour la valeur ISO plus élevée. Il sera toujours possible de réduire le bruit dans un logiciel par la suite et vous aurez au moins pris votre précieux cliché.

L’ouverture

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Il s’agit en fait de l’ouverture du diaphragme de l’objectif et qui représente la quantité de lumière qui entre jusqu’au capteur et qui est représentée par un petit « f », que l’on voit généralement sur les objectifs.

Le calcul précis est plutôt complexe, alors je préfère simplifier et y aller d’une approximation qui aide à mieux comprendre l’effet de l’ouverture : imaginez qu’il s’agit d’une fraction. Si vous voyez f2, votre objectif laisse entrer la 1/2 de la lumière ambiante. Si vous voyez f4, il s’agit du 1/4. Une ouverture à f11 ne laisse donc entrer que 1/11 de la lumière.

Évidemment, on est loin des véritables valeurs et du véritable calcul, mais ça vous donne une idée : plus le chiffre est petit, plus la fraction offre une grande valeur, plus elle laisse passer de lumière et plus votre vitesse pourra être élevée et votre valeur ISO basse.

C’est pour cette raison que plus un objectif offre une valeur f basse (f1.4, f1.8, f2.8), plus il risque de coûter cher.

Prenez le contrôle!

Vous connaissez maintenant l’interaction qui se produit entre les trois éléments qui constituent l’exposition d’une image.

Prenez votre appareil photo et faites des tests en mode Manuel, en changeant une seule valeur (vitesse, ouverture ou ISO) et observez ce qui se passe.

Je vole un peu le punch en vous révélant que vous découvrirez probablement qu’il existe ce qu’on appelle des « équivalences d’exposition »!

En effet, une image dont les paramètres sont, par exemple, 1/200, f2.8 et ISO 400, sera exposée de la même manière qu’une image prise à 1/200, f4 et ISO 800. La seule chose qui changera, c’est la profondeur de champ, en changeant la valeur « f ».

Preuve :

Photo #1: 1/200, f2.8, ISO 400

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Photo #2: 1/200, f4, ISO 800

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Pour aller un peu plus loin : la profondeur de champ

La profondeur de champ, c’est la zone où votre image est nette (ou au focus). Plus vous ouvrez le diaphragme, plus cette zone est petite et vous permettra de créer un flou en avant-plan ou en arrière-plan.

D’ailleurs, si vous observez les deux images ci-dessus (la « preuve »), vous remarquerez que les personnages LEGO en avant-plan sont un peu moins nets sur la photo du dessus, avec ouverture de f2.8, que sur la photo du dessous, avec l’ouverture de f4. Pourtant, la mise au point a été faite au même endroit sur les deux photos, soit sur le personnage assis sur la bestiole.

À l’inverse, une ouverture de f11 ou f22 vous permettra de photographier un paysage afin qu’il soit complètement net.

Conclusion

Comme à peu près n’importe quoi dans la vie, il suffit de pratiquer souvent quelque chose pour le maîtriser. Que vous soyez une personne avec un côté artistique fort ou un côté technique prédominant, vous y trouverez votre compte avec la photographie, maintenant que vous comprenez ce qui fait qu’une photo est bien exposée.

Bonne photo!

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Stéphane Vaillancourt
Stéphane écrit à propos de la technologie depuis 1999. Son blogue LeTechnophile.net se passe désormais de présentations. Depuis 2010, il a collaboré avec Branchez-Vous, Canoë, Sympatico, ainsi que le magazine Protégez-Vous, en plus de participer à plusieurs émissions de radio et de télé. Passionné de photographie, il anime le podcast Objectif Numérique qui compte actuellement une centaine d’épisodes.

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